Rue en campagne

Rue en campagne… à Brest

Consultez le site du Pays de Brest pour la Culture :  https://paysdebrestpourlac.wixsite.com/website/les-reponses

Rue en campagne… à Morlaix

Voici les réponses des 4 candidats aux Municipales de Morlaix (Jean-Philippe BAPCERES, Didier ALLAIN, Agnès LE BRUN et Jean-Paul VERMOT) en ce qui concerne leurs programmes en matière de politique culturelle et leurs projets dans l’espace public.


Réponses de Jean-Philippe BAPCÉRÈS « Morlaix avec vous », candidat tête de liste LREM aux municipales 2020 de Morlaix (La République En Marche).

– Comment envisagez-vous la mise en œuvre des droits culturels ?

Notre ville est au cœur du territoire de Morlaix Communauté où se trouve une population de près de 65000 habitants et elle possède des équipements structurants comme un musée, un théâtre, c’est à cette échelle qu’il faut regarder la satisfaction des droits culturels. Nous attachons une grande importance à la culture sous toutes ses formes, et nous veillerons à mettre à son service, les locaux et les moyens nécessaires.

– Comment comptez-vous soutenir les artistes, les équipements culturels, les initiatives et associations culturelles et d’éducation populaire ?

De nombreuses associations sont actives sur le territoire et elles sont soutenues tant par la ville que par la communauté. Notre liste continuera à apporter son soutien aux associations culturelles. Notamment en soutenant WART et le festival Panorama ainsi que le projet SEW (cinéma d’art et essai et théâtre).

Notre liste souhaite en particulier accroître très sensiblement l’animation de la ville et prévoit dans ce but l’appel à des artistes professionnels ou bénévoles dans les domaines de la musique et des arts de la rue. Nous souhaitons accroître l’utilisation du kiosque à musique situé au cœur de la ville par les artistes. Nous prévoyons d’investir dans des équipements légers (barnums, tréteaux et tribunes mobiles) ainsi qu’une structure faisant office de préau ouvert au cœur de la ville afin de faciliter tout type de spectacle de rue.

– Quelle importance et quels moyens accordez-vous à l’éducation artistique et culturelle ?

Nous disposons d’un centre d’initiation aux arts du Pays de Morlaix « Le Patio » qui est une véritable richesse et que nous soutiendrons. Par ailleurs nous encouragerons l’accueil de résidences d’artistes et veillerons autant que possible aux rencontres possibles avec le monde scolaire. De même le théâtre est fortement impliqué dans l’accueil des scolaires du primaire au lycée. De même nous encouragerons les échanges scolaires y compris à l’étranger à caractère culturel.

– Quel budget comptez-vous dédier à la culture à Morlaix, tant au niveau de l‘investissement que du fonctionnement ?

Pour les investissements compte tenu des gros investissements en cours concernant le musée de Morlaix nous n’envisageons pas d’investissements autres que ceux signalés plus haut.

Pour le fonctionnement, si nous nous engageons à supporter les associations culturelles et l’animation de la ville, il nous faut rééquilibrer le financement des équipements qui ont une vocation communautaire avec Morlaix Communauté.

– Quelle place attribuez-vous aux arts et à la culture dans les espaces publics ?

Nous considérons que les arts de la rue sont une des composantes majeures pour redynamiser et faire connaître cette ville qui se prête particulièrement bien à ces manifestations de par son caractère scénique et pittoresque dans un cadre historique remarquable. Outre ce qui a déjà été dit concernant l’animation par toutes sortes de spectacles de rue, ce sont les espaces publics eux-mêmes qui peuvent être sources de culture et d’art. Le Pays de Morlaix est labellisé « pays d’art et d’histoire » et une mission veille à la mise en valeur et à la sensibilisation de tous les publics (scolaires, touristes et habitants) à la beauté de nos paysages et de notre patrimoine architectural très important. Par ailleurs quelques exemples de « street art » sont connus au-delà de notre territoire. Par contre nous possédons peu de sculptures et peu d’espaces verts urbains, aussi veillerons nous à améliorer les espaces publics dans ce sens.

– Grace à vous, que sera devenue la culture à Morlaix en 2026 ?

(Issu du Télégramme du 5 février 2020).

Romain GARY disait : « La culture n’a absolument aucun sens si elle n’est pas un engagement absolu à changer la vie des hommes ». Avec la richesse de son tissu associatif et de ses bénévoles, nous construirons le Morlaix culturel de demain. La culture reflète l’âme de notre ville, elle est un marqueur important du bien-être des Morlaisiens, participe aux liens entre les différentes couches sociales et favorise les échanges intergénérationnels. Elle est un facteur économique qui contribue au bon développement du commerce, des quartiers et du tourisme. C’est un moyen de redonner force et identité à Morlaix. C’est pourquoi nous réaliserons une animation digne de ce nom, comme Morlaix en a connu par le passé. « Un festival de rue » qui associera le tissu associatif et économique sur le thème d’une fête médiévale associant les arts de rue, la culture bretonne, la musique et notre patrimoine historique.

Nous soutiendrons les structures culturelles existantes : le théâtre, le musée, le SEW, la MJC et toutes les associations qui font la richesse de notre ville. Nous encouragerons les résidences d’artistes, la culture bretonne qui a une place naturelle à Morlaix et aiderons les jeunes talents locaux pour les faire connaître, avec des moyens qui seront mis à leur disposition : salle de répétition, podium mobile, construction d’un préau couvert qui deviendra un lieu de rencontres, d’échanges et d’expression. Alors oui, Morlaix a les moyens de ses ambitions culturelles.


Réponses de Didier ALLAIN « Morlaix Alternative Citoyenne », candidat tête de liste aux municipales 2020 de Morlaix (gauche alternative citoyenne).

– Comment envisagez-vous la mise en œuvre des droits culturels ?

La culture permet d’éveiller la pensée, d’aiguiser le regard, de faire société, de conjuguer ouverture et quête d’identité. Mais, si Morlaix est une ville de culture, la politique actuelle est inappropriée.

Tout d’abord, certains investissements dérivent sans réel objectif. Ainsi, rue de Paris, le projet passe successivement de « bibliothèque » à « tiers-lieu » et désormais « plateforme culturelle ».

Ensuite, la dispersion des moyens compromet le bon fonctionnement des structures existantes. Morlaix Co (Morlaix Communauté) a financé l’espace des sciences à la Manu (ancienne manufacture des tabacs) et la maison Penanault. Parallèlement, la ville lance la plateforme rue de Paris et la rénovation du Musée, qu’elle n’a manifestement pas les moyens de mener à bien (et si nous sommes élu.es, nous le dirons clairement à nos partenaires en leur demandant d’en tirer les conséquences). Dans le même temps, des équipements comme la bibliothèque ou la MJC ne sont pas aux normes handicap.

Autre carence, l’identité bretonne de la ville, qui pourrait conforter son attractivité, est passée sous silence et Morlaix est l’une des seules agglomérations sans « maison de la Bretagne ».

Enfin le « FAR », qui faisait de Morlaix une ville phare des arts de la rue, a été remplacé par le « fade ».

Nous voulons agir différemment : fixer un cap (soutien aux créateurs, accessibilité de tous aux œuvres, spectacles et apprentissages), fédérer les acteurs locaux, agir en cohérence avec Morlaix Co (transfert du théâtre) et redonner à la ville sa dimension bretonne et maritime.

– Comment comptez-vous soutenir les artistes, les équipements culturels, les initiatives et associations culturelles et d’éducation populaire ?

– Faire intervenir les artistes locaux dans les écoles pour susciter l’envie des enfants.

– Organiser des rencontres avec des artistes professionnels au sein des formations d’amateurs, pour parler de la réalité des métiers.

– Créer un FABLAB “artistique” sur le principe de l’éducation populaire avec les artistes locaux.

– L’art numérique pourrait être encadré par des « Master class » d’artistes qui permettrait aux jeunes qui s’y essaient de se retrouver et d’apprendre ensemble.

– Quelle importance et quels moyens accordez-vous à l’éducation artistique et culturelle ?

– Le Patio doit être une structure intercommunale (la discussion sur ce principe s’est arrêtée en juillet avec Morlaix Co et n’a pas redémarré depuis !).

– Les tarifs d’apprentissages doivent y être abordables (en fonction des revenus).

– les tarifs de location des instruments de musique ne doivent pas être un frein à la pratique (il faut un parc de location).

– Cette structure d’apprentissage de la musique et de la danse doit être intergénérationnelle.

– Pas nécessaire de construire une grande structure intercommunale. Utiliser les lieux existants en les modernisant, sur l’exemple des Maisons Folie à Lille (Lieux existants transformés et adaptés à la pratique artistique, https://maisonsfolie.lille.fr/les-maisons-folie).

– Créer un cheminement de découverte artistique dès le plus jeune en les faisant découvrir l’activité des artistes de la ville, là encore dans le but de susciter des envies.

– Initier et encadrer une accorderie, système d’échanges de savoirs et de services (http://www.accorderie.fr/chambery/)

– Quel budget comptez-vous dédier à la culture à Morlaix, tant au niveau de l‘investissement que du fonctionnement ?

Nous demanderons à ce que la compétence Culture soit prise par la communauté (Morlaix Co) afin d’avoir une politique qui s’en donne les moyens.

– Quelle place attribuez-vous aux arts et à la culture dans les espaces publics ?

Réouvrir la Mairie pour des expositions ou exhibitions d’artistes.

Les lieux institutionnels : ce sont les lieux gérés par les collectivités publiques (ville ou Morlaix Co) ou par les grandes associations conventionnées. Ils sont nombreux : Musée, Théâtre, salles de Langolvas, La Manu (espace des sciences, SEW), Maison Penanault, La Salamandre (La Boissière), MAJ, le Patio, la MJC, Bibliothèques sur 2 sites + Mairie, plateforme culturelle 9 rue de Paris, salle de Ploujean.

L’articulation entre la ville (qui a une contrainte financière forte) et Morlaix Co (qui a plus de marges de manœuvre) n’est pas satisfaisante. Des équipements ayant une fonction à l’échelle du territoire ne sont pas pris en compte par Mx Co (Musée, théâtre, Langolvas = charges de centralité pour la ville).

Cette séparation est en partie à l’origine d’une dispersion des moyens. De nouveaux équipements sont mis en service alors que les anciens ne sont pas aux normes ou peu adaptés, et que l’argent manque pour les rénover (Patio – isolation acoustique peu satisfaisante, Bibliothèques et MJC pas aux normes handicap, Musée à rénover totalement…).

Rues, places, port, squares, jardins partagés, venelles (GR ?) sont susceptibles d’être des lieux de création et de diffusion culturelle. Sont aujourd’hui sous-utilisés : manque de volonté politique, nécessité de « piétonniser » l’espace (ex : kiosque aujourd’hui pas vraiment utilisable compte tenu de la circulation automobile à proximité).

Les enjeux sont :

– de voir la ville différemment, de se la réapproprier (exemples : Arts dans la rue quand l’espace urbain devenait partie intégrante du spectacle, animation de l’asso « De rien, c’est normal ! » rue de Paris) ;

– d’animer un quartier et de susciter des rencontres (Projet de l’asso Renaissance du Petit Launay) ;

– de faciliter l’accès de la culture à tous (pas de barrière financière ou symbolique à franchir).

– Lieux les plus intéressants ? Le square Daumesnil (projet après-midi techno refusé par la Mairie, lieu également repéré par « De rien c’est normal »). Le square du château, la place Allende (si libérée de la voiture), la cour des Jacobins, l’espace Manu-port, le centre-bourg de Ploujean, la place du March’hallach…

– Opportunités : quel projet dans la salle qui sera disponible après le départ de la Salamandre ? Quel projet au 9 rue de Paris ? Quel projet aux Jacobins ? Y a-t-il une opportunité de faire du Château de Suscinio (propriété de la Région) un lieu de résidence d’artistes ?

Les lieux privés/associatifs/religieux

De nombreux bars organisent ponctuellement ou régulièrement des concerts (ex : Les 2 rivières, Le Ty Coz, Le Tempo, Le Nautilus, L’Aurore, Les Sardines, Le Corto, Le Bleizi Du…). Des assos ont leur propre lieux (ex : la barge rue de Paris). Des particuliers peuvent ouvrir leurs locaux pour des expos ou des concerts. Des ateliers d’entreprise peuvent aussi être ponctuellement être utilisés. Les églises sont intéressantes par leur acoustique (St Mathieu, St Melaine, Ploujean) pour certains types de concerts.

Ont également été évoquées l’ancienne chapelle au bas de la rue Villeneuve (qui a servi de lieu de création pour le Houka magique puis Tango Sumo et les Schpouki Rolls mais qui n’est plus disponible aujourd’hui), et la petite chapelle derrière St Mathieu, avec un espace extérieur qui se prête bien au spectacle. L’intérêt d’une ouverture simultanée de plusieurs lieux dans la même rue a été souligné (exemple : travail de l’asso « Dont Acte » dans les 100 marches).

– Grace à vous, que sera devenue la culture à Morlaix en 2026 ?

Et enfin, car il faut rêver et être ambitieux et que ce peut être un véritable moteur : inscrire Morlaix comme ville européenne de la culture.



Agnès LE BRUN « Vivons Morlaix ! », actuelle Maire de Morlaix et candidate tête de liste aux municipales 2020 de Morlaix (divers droite).

– Comment envisagez-vous la mise en œuvre des droits culturels ?

L’accès de la culture à tous est un enjeu d’autant plus majeur que nous sommes éloignés des grands équipements culturels métropolitains. Nous avons à Morlaix des ressources formidables, aussi bien par le nombre d’artistes, la qualité des équipements, existants ou en cours d’installation comme le SEW ou la plateforme culturelle du 9 rue de Paris, que par l’incroyable appétit culturel des habitants de ce territoire que beaucoup nous envient.

– Comment comptez-vous soutenir les artistes, les équipements culturels, les initiatives et associations culturelles et d’éducation populaire ?

Il faut distinguer la politique culturelle de la politique d’animations culturelles. Cette dernière est soutenue par le montant très élevé des subventions versées aux associations culturelles, 1,2 million d’euros, les aides logistiques importantes et la mise à disposition de locaux. La politique culturelle de fond est celle qui facilite l’accès de la culture à tous, la transmission des savoirs et des valeurs culturelles. Nous sommes d’accord avec la position du Syndeac (Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles) quand ce dernier pointe le risque de « déshabiller financièrement des pans entiers de la politique culturelle en misant trop sur des événements ». La culture, ce doit être tous les jours pour tous. Notre politique se décline pour tous les âges de la vie, médiation scolaire au Musée, séances spécifiques de lecture à la bibliothèque, déplacement annuel des élèves morlaisiens à l’Espace des Sciences de Rennes pris en charge financièrement par la Ville, séances au théâtre, apprentissage musical à la MJC ou au Patio, où nous avons instauré des bourses familiales, soutien actif à l’Université du Temps Libre qui ne cesse d’augmenter le nombre de ses adhérents. Nous voulons aller plus loin grâce à deux nouveaux équipements ouverts à tous. Le premier au 9 rue de Paris, transdisciplinaire et multigénérationnel, donnera une place privilégiée aux activités culturelles liées aux nouvelles technologies d’information et de communication, aux jeux culturels favorisant l’ouverture aux autres et l’échange. D’autre part, nous avons adhéré spécifiquement pour ce lieu au réseau « Microfolies », réseau national qui permettra d’avoir accès aussi bien à des visites virtuelles de musées de France et d’Europe qu’à des concerts donnés dans de grandes salles comme la Philharmonie de la Villette. Ce lieu facile d’accès offrira un havre de culture à tout moment de la journée. D’autre part, nous examinerons collectivement avec les usagers le devenir de la salle libérée par La Salamandre. Il conviendra de faire en sorte que la culture puisse rayonner dans ce quartier, ce qui était l’objectif premier de l’installation d’un cinéma à cet endroit de la ville.

Plusieurs candidats pensent que des transferts à la communauté d’agglomération serait la solution toute trouvée. Mais Morlaix Communauté a refusé de soutenir le Patio, et a opéré des choix qui soulignent davantage l’intérêt pour des « prises de guerre » comme le Théâtre auquel les Morlaisiens sont évidemment et naturellement très attachés (et pourquoi pas le Roudour dans ce cas ?) que pour une politique culturelle structurée. Nous avions d’ailleurs fait la proposition d’acquérir ensemble un bâtiment hospitalier désaffecté pour y installer entre autres une maison des associations, proposition refusée par la communauté d’agglomération.

– Quelle importance et quels moyens accordez-vous à l’éducation artistique et culturelle ?

La culture passe prioritairement par l’éducation à la culture. C’est pourquoi nous continuerons à soutenir financièrement toutes les associations, en qui nous avons confiance, parce qu’elles sont le socle de la transmission culturelle. Nous continuerons à faciliter l’accès à la culture pour tous les âges de la vie. Le Théâtre est aujourd’hui fortement impliqué dans l’accueil des scolaires du primaire au lycée. Il n’y a aucune raison que cela change.

– Quel budget comptez-vous dédier à la culture à Morlaix, tant au niveau de l‘investissement que du fonctionnement ?

Nous engageons avec régularité des montants importants pour les équipements culturels et les associations à vocation culturelle. La réhabilitation du Musée coûte trop cher ? D’une part fallait-il laisser s’écrouler le bâtiment historique en se souvenant que personne avant nous n’avait pris le problème à bras le corps ? Ensuite, les sommes engagées ne sont évidemment pas supportées exclusivement par la Ville. Le travail de l’élu est d’aller chercher des financements extérieurs et nous en avons trouvés. Le pourcentage qui revient à la Ville, étalé sur plusieurs années, est à peu près équivalent à celui de l’espace sportif Kervéguen. Les différentes politiques gouvernementales ont privé les communes de ressources financières. Cela ne s’est jamais fait sous nos mandatures au détriment de la culture.

– Quelle place attribuez-vous aux arts et à la culture dans les espaces publics ?

L’espace public morlaisien convient très bien à des manifestations culturelles. Le Graffiti Tour en a été un bel exemple, que les Morlaisiens et les visiteurs nous ont dit avoir beaucoup apprécié. Nous devons développer d’autres manifestations, sous trois conditions : que la ville ne soit pas bloquée, que les coûts ne soient pas exorbitants comme on a pu le voir par le passé, et que les intermittents du spectacle locaux puissent en bénéficier. Ces trois critères n’étaient plus remplis par le FAR, qui n’était plus satisfaisant pour grand monde. D’ailleurs, il est à noter que c’était bien plus le désengagement de la communauté d’agglomération qui était à l’époque dénoncé. Comprenne qui pourra…

L’installation du SEW devrait nous permettre d’imaginer ensemble des manifestations qui relient l’espace du port à la rue de Paris, à l’autre bout de la ville, en passant par le Musée. Nous faisons confiance aussi à l’intelligence collective, qui a permis de belles manifestations comme « Dont Acte » dans les Cent Marches que nous avons soutenue et continuerons à soutenir. Et si nous faisons une place importante à la culture bretonne, tant pour ses associations que pour les événements autour de la culture bretonne, nous pensons aller plus loin. Enfin, dans notre projet de réaménagement paysager de la salle socioculturelle de Ploujean ainsi que de la place qui lui fait face, nous prévoirons une programmation spécifique.


Jean-Paul VERMOT « Morlaix Ensemble », candidat tête de liste aux municipales 2020 de Morlaix (PS, PCF, Génération.s, Les citoyens engagés, Les radicaux de gauche).

– Comment envisagez-vous la mise en œuvre des droits culturels ?

La culture est une nécessité pour construire des hommes et des femmes émancipés. En effet, la culture permet une ouverture vers l’autre, vers une découverte de l’autre, et un mode d’expression, ou des modes d’expression qui parlent à l’intelligence, au corps, aux émotions.

A ce titre, les droits culturels sont tout aussi importants que d’autres. Nous possédons une richesse culturelle très forte à Morlaix : théâtre, musée, salles de spectacle, cinéma, associations, etc. Il nous faut nous assurer que tout habitant de Morlaix puisse accéder le plus facilement possible à ces lieux et aux différentes manifestations qui y ont lieu.

Au-delà, la culture ne doit pas s’imaginer qu’intramuros, mais irriguer une ville. La culture doit donc dépasser les murs et aller à la rencontre du public, dans l’espace public.

– Comment comptez-vous soutenir les artistes, les équipements culturels, les initiatives et associations culturelles et d’éducation populaire ?

La ville soutient d’ores et déjà de nombreuses associations culturelles et participe aux financements des infrastructures. Pour assurer la pérennité de certaines, le théâtre et Langolvas prioritairement, il faudra en transférer la gestion à la communauté d’agglomération. En effet, Morlaix ne peut assumer seule ces charges de centralité et cela « libérera » du financement pour d’autres projets culturels, d’autres manifestations. On se souvient par exemple des rues noires de monde, de l’image rayonnante de notre ville, des spectacles détonants. Morlaix mérite un temps fort estival qui lui redonne ses lettres de noblesse. Des milliers de touristes et nos habitants méritent de trouver à Morlaix, un grand spectacle d’été.

La Communauté d’Agglomération et la ville de Morlaix abritent de nombreux artistes : peintres, poètes, sculpteurs, auteurs, dessinateurs, danseurs, musiciens et chorégraphes et tant d’autres encore. Tous ces artistes sont une véritable richesse sociale et culturelle pour la collectivité. Les artistes et leurs créations sont un atout majeur du développement touristique et marchand pour la ville, cependant, ils ne trouvent pas, ou ne disposent pas de lieux où exposer et vendre leurs créations.

Nous savons très bien que le marché de l’art est rude et parfois élitiste. Exposer dans une galerie privée est parfois onéreux, les places sont rares et chères ! De plus, les artistes, lorsqu’ils ne sont pas reconnus, pas encore connus, ont du mal à trouver des lieux où présenter leurs œuvres. La taille d’une association comme « Les Moyens du bord » n’y suffit pas et mérite un projet d’ampleur.

Les artistes ont non seulement aussi besoin de reconnaissance, mais aussi d’une visibilité dans la ville.

Nous promouvrons régulièrement les Artistes locaux en leur mettant à disposition des Espaces d’Exposition dans et hors les murs. Nous les réunirons régulièrement pour échanger et créer ensemble, en ouvrant des lieux éphémères de créations, d’ateliers individuels ou partagés, et en lien avec les associations qui promeuvent l’Art sous toutes ses formes.

Pour renforcer l’image d’une ville d’Art et d’Histoire, notre Municipalité sera un lieu d’écoute, de promotion et d’appui aux artistes locaux. Une Municipalité ouverte et accueillante, attractive et facilitatrice, pour une ville riche de créations.

Nous comptons également diffuser en direct de l’info par l’intermédiaire d’une application dédiée, pour mettre en lumière la riche activité culturelle, sportive de Morlaix. Voilà qui rendra lisible les différents événements de la ville. Cette plateforme d’information serait un vrai plus pour activer la vie morlaisienne.

Au-delà, dans le cadre de la création d’une Maison des Associations, celles-ci trouveront des services supports pour construire leurs projets, trouver les financements et des espaces de réunion ouverts.

– Quelle importance et quels moyens accordez-vous à l’éducation artistique et culturelle ?

L’actuel PATIO doit devenir une école intercommunale d’éducation artistique, musique et danse. Cela ne couvrira pas l’ensemble des activités culturelles mais devra permettre de rendre plus accessible les pratiques musicales et de danse. Le milieu associatif culturel sera également soutenu pour que le panel des activités disponibles sur la ville puisse être le plus large possible.

– Quel budget comptez-vous dédier à la culture à Morlaix, tant au niveau de l‘investissement que du fonctionnement ?

A ce jour, l’investissement sur le Musée des jacobins, largement supporté par la ville, absorbe l’investissement culturel et ne laisse pas de marge pour d’autres projets d’ampleur. Il devra être révisé pour être à minima maintenu et mené à terme. Il faudra trouver un juste équilibre entre la ville et l’agglo pour soutenir au mieux la culture. Le transfert d’équipements est une nécessité.

Les budgets seront à minima maintenus pour soutenir les associations et projets existants mais également négociés pour permettre la création artistique.

– Quelle place attribuez-vous aux arts et à la culture dans les espaces publics ?

Nous l’avons dit, les arts et la culture dans les espaces publics ont fait les belles heures de la vie culturelle morlaisienne. Nous renouerons avec celles-ci en promouvant un nouveau grand festival d’été dans et hors les murs ! Ville-centre de la Baie de Morlaix, nous devons avoir cet élément d’attractivité nécessaire au rayonnement de Morlaix.

– Grace à vous, que sera devenue la culture à Morlaix en 2026 ?

Elle sera restée un élément phare de la vie morlaisienne. Elle sera de tous les styles : contemporaine, classique, étrange, créatrice permettant de conserver l’existant, mais d’imaginer, de créer la nouveauté. Enfin, depuis Morlaix, elle irriguera tout un territoire.

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